Troisième partie de ma liste des 100 films à voir pour la décennie 1990/1999.
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21. Dans la ligne de mire (Wolfgang Petersen, 1993) États-Unis
Thriller policier avec un très solide scénario. Dans la ligne de mire est bien plus qu'un film d'action de qualité, il se double également de thématiques fortes et intelligemment traitées. Le suspense haletant, sans temps mort et placé au coeur d'une ambiance conspirationniste puisque l'action nous raconte le duel entre Eastwood (garde-du-corps vétéran fautif lors de l'assassinat de JFK) et Malkovich (incarnant un des méchants les plus charismatiques du cinéma). Les thèmes de la culpabilité, de la vieillesse, de la défiance envers la politique, du traumatisme, ... sont profondément auscultés. La réalisation est dynamique, la tension constante. Un morceau d'anthologie du cinéma d'action /thriller des années 90, on savait y faire l'époque.
22. Gremlins 2: La Nouvelle Génération (Joe Dante, 1989) États-Unis
Même si il n'y a plus l'effet de surprise du premier opus n'agit plus, cette suite vaut aussi bien que initial. D'un ton plus parodique voir auto-parodique, les allusions culturelles et métacinématographiques pullulent, le film contient beaucoup de scènes humoristiques, voir carrément satiriques sur le Capitalisme (Clamp est Trump), les excès de la technologie (en particulier l'automatisation de l'immeuble) et dérives de la science et les auteurs dézinguent à tout-va. Les trucages de Rick Baker, les décors jouent sur un côté science-fiction et certaines des bestioles subissant des mutations nous amènent vers des références aux films fantastiques. Le rythme est celui d'un cartoon ainsi que le côté déglingué et burlesque dans un lieu clos puisque quasi toute l'action se déroule dans un même endroit le building Clamp.
23. Ju Dou (Zhang Yimou et Yang Fengliang, 1990) Chine
Superbe film de Zhang Yimou avec tout ce qui faisait son merveilleux style. L'histoire est dans la lignée d'une tragédie antique, l'action se déroule presque exclusivement dans un seul lieu une teinturerie, trois personnages principaux que sont l'oncle sadique, sa jeune femme martyrisée et le neveu amant mais témoin impuissant. La progression dramatique est lente mais sur, d'ailleurs la mise en scène paisible contraste avec les sentiments bruts et fatalistes ainsi qu'avec l'allusion socio-politique du récit puisque cela parle de la force du patriarcat, de la tradition et de la soumission de la Femme et donc de l'entièreté de la structure sociale en place en Chine. Le cadre de l'image dans la hauteur donne une drôle d'impression, tout comme les couleurs délavées et terreuses en contradiction avec les couleurs pétantes des tissus qu'ils fabriquent dans la teinturerie. Les interprètes tous très bien et je ne vais pas à nouveau signaler mon adoration pour Gong Li, rien qu'à voir son visage les larmes me viennent.
24. Outrages (Brian De Palma, 1990) États-Unis
Outrages est un des bons films américains des années 80 qui parlait du traumatisme qu'était la Guerre du Vietnam. Brian De Palma reprend un fait réel dérangeant pour l'armée, c'est-à-dire l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une gamine par des soldats lors du conflit. Cette histoire est racontée avec les tripes, certains passages sont durs et violents mettant en avant le duel entre Meserve (Sean Penn) symbolisant la déshumanisation en temps de guerre, l'immoralité et Eriksson (Michael J. Fox) représentant l'éthique, la résistance face à la majorité. Il y a aussi plusieurs scènes de combats plutôt bien emmenés prouvant qu'il s'agit aussi d'un vrai film de guerre. La narration parfois aurait pu être mieux mais dans l'ensemble ça passe. Aux côtés des acteurs déjà cités John C. Reilly, John Leguizamo et Ving Rhames pour ne donner que les plus connus, pas mal quand même ! En supplément musique d'Ennio Morricone pour ne rien gâcher.
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25. Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (David Zucker, 1991) États-Unis
Moins dingue que le premier volet (encore que ?) mais quel bonheur tout de même que cette suite. Un gag hilarant toutes les 15 secondes est toujours l'objectif des ZAZ (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? et Top secret !), bon il y a certes quelques redites par rapport au premier film lorsque l'Inspecteur Frank Drebin devait sauver la Reine d'Angleterre et pas seulement scénaristiquement mais aussi visuellement et dans l'élaboration des vannes mais si on ne regarde pas les deux films l'un derrière l'autre on n'y voit que du feu. Des situations absurdes et du burlesque tous les types d'humour y passent ainsi que les détournements culturelles puis peut-être sans le faire exprès les auteurs parlent d'écologie et d'un complot lobbyiste visant à détruire celle-ci. Leslie Nielsen toujours épatant dans ce rôle de Frank Drebin.
26. Né un 4 juillet (Oliver Stone, 1990) États-Unis
Oliver Stone frappe juste avec ce film pamphlet. Les traumatismes profonds dût à la Guerre du Vietnam, les idéologies et les conditions de vie tout y passe. Certains accusent ce film d'être caricatural mais en y regardant de plus près pas du tout, le film montre la ferveur initiale d'un jeune homme élevé dans une idée de l'héroïsme à l'américaine qui laisse place à la désillusion et même au rejet, d'un éveil politique. Tom Cruise dans un des ses plus beaux rôles et des personnages secondaires bien interprétés (W. Dafoe, T. Berenger, K. Sedgwick, T. Sizemore, ...). Niveau mise en scène Stone abuse par moment d'effets mais cela reste une réalisation de qualité.
27. Un Monde parfait (Clint Eastwood, 1993) États-Unis
Un Monde parfait sorti en 1993 est un des chefs d'oeuvre de Clint Eastwood, dont plusieurs d'entre eux datent de cette période (Impitoyable et Sur la Route de Madison). Le scénario de John Lee Hancock est un bijou en soi, une écriture avec une contextualisation historique pertinente, des thématiques riches dont celle de la filiation entre ce criminel évadé et ce petit garçon kidnappé, de la comédie ainsi qu'un aspect plus policier avec cette cavale/poursuite dans ce Texas de 1963. Ce film rassemble tellement de genre, de la comédie au drame en passant par l'action et le suspense qu'il est compliqué de lui trouver des failles c'est divertissant mais aussi profond, c'est parfaitement interprété par un casting haut-de-gamme, écrit comme dit plus haut et mis en scène par Clint Eastwood prouvant son talent de conteur. Ayant toujours eu un coup de coeur pour ce film, il m'est difficile d'y trouver des défauts.
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28. The Game (David Fincher, 1997) États-Unis
Un des suspenses les plus palpitants des années 90 réalisé par David Fincher sortant du succès de Seven, offre à nouveau une oeuvre moderne, paranoïaque et sur l'illusion du contrôle. Le récit débute presque comme un jeu pour milliardaire blasé mais tourne à la manipulation pur et simple de la part de cette mystérieuse société de divertissements. Il n'y a pas que le héros qui est "torturé" le spectateur l'est également du début à la fin et est surpris dans chaque scène, c'est plutôt immersif comme confusion totale. Réalisation sombre comme cela est souvent le cas avec ce cinéaste, Sean Penn et Michael Douglas sont excellents, une perle du genre mais qui pourtant n'a peut-être pas la reconnaissance qu'elle mérite ?
29. Scream (Wes Craven, 1996) États-Unis
Wes Craven en créant ce film a à la fois réalisé un chef d'oeuvre du slasher mais aussi reprit les principaux codes sous une forme d'anthologie. Le pitch est clair des étudiants assassinés par un psychopathe, là ou cela devient amusant c'est le mystère qui est distillé par petites touches et ménagé pour ne rien révéler jusqu'au final se référant ainsi au cinéma policier plutôt qu'à l'horreur habituelle. Des clins d'oeil multiples, des dialogues entre drôlerie et références cinématographiques, des descriptions de personnages caricaturaux mais pas tant que ça, la scène d'ouverture mythique et un carnage pour ponctuer l'ensemble. Résultat un film culte avec sa musique, ses coups de théâtre maintes fois copiés et évidemment le masque rentré dans la culture populaire. Un divertissement en même temps qu'un thriller efficace et violent, le pari est risqué mais fonctionne.
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30. Hot Shots ! (Jim Abrahams, 1991) États-Unis
Comédie culte que ce Hot shots ! Souvent attribuée au trio ZAZ alors qu'en réalité seul le A en est l'auteur. L'humour absurde à son top qui marque en quelque sorte la fin de cette période dorée du genre, il s'agit sans doute du dernier classique. Un gag désopilant toutes les 30 secondes, différents types de comique sont utilisés, et pas uniquement du visuel. Les comédiens sont complètement dérangés comme les personnages qu'ils jouent et les dialogues loufoques font merveille et c'est plein de clins d'oeil car il s'agit d'une parodie maline des grands succès cinéma de cette fin des années 80.
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