Deuxième Partie des 100 films à voir de la décennie 1990/1999 selon moi.
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11. Vivre ! (Zhang Yimou, 1994) Chine
Un drame de Zhang Yimou qui une fois de plus est un chef-d'oeuvre, il concilie toujours des histoires intimes avec l'Histoire de la Chine et ses bouleversements. Ce film raconte la vie d'une famille sous la Révolution chinoise, à la fois tragique et analytique car il montre ce qu'était cette époque sous la présidence de Mao et il ne l'épargne pas, une pertinence incroyable. Plusieurs scènes poignantes encore transcendées par une musique forte, des acteurs formidables avec une Gong Li qui me serre le coeur comme à chaque fois que je vois son visage.
12. Maris et femmes (Woody Allen, 1992) États-Unis
Maris et femmes est un des Woody Allen les plus sérieux. Les portraits des personnages et de couples sont superbement décrits et dialogués, les interprètes tous parfaits en plus. Les analyses de l'amour, du couple et de ses désillusions, du célibat et pleins d'autres sujets sont véritablement disséqués et passionnants; le film fait écho aux déboires de son auteur dans la vie réelle puisque Allen à l'époque se séparait de Mia Farrow. La réalisation est bien différentes aux habitudes du cinéaste en la matière, caméra nerveuse, beaucoup de mouvements, des coupes franches et des flous et j'ai également trouvé les séquences de confidences fassent à la caméra très bien faites (alors que parfois elles sont anecdotiques) tout cela donne un aspect quasi documentaire à l'ensemble.
13. The Last Supper (Cynthia Roberts, 1995) Canada
Un film complètement méconnu et obscur signé par une réalisatrice spécialisée dans le cinéma trash et queer, qui pourtant s’avère être absolument magnifique. Le spectateur est placé dans la même pièce (il s’agit d’un huis-clos) qu’un danseur à l’agonie, en phase terminale du SIDA et de son compagnon ainsi que d’un homme qui va l'euthanasier. Éclairé à la bougie, filmé caméra à l’épaule, des dialogues émouvants et très poétiques; il y a une authenticité toute théâtrale et symbolisant l'isolement psychologique du mourant, sacralisant le corps humain en fin de vie. Le rôle principal est tenu par Ken McDougall, lui-même malade du SIDA qui décèdera seulement quelques jours après la fin du tournage ! Donnant une aura supplémentaire à sa prestation. Ce film est un vrai choc mettant le spectateur face-à-face avec la mort et un chef d'oeuvre sous forme de manifeste totalement inconnu.
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14. Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999) États-Unis
Le Projet Blair Witch est d'abord un coup de génie médiatique et commercial de la part des producteurs et auteurs, en réinventant le concept du found-footage. Des documentaristes amateurs veulent tourner un film sur une légende du Maryland, la Sorcière de Blair mais cela vire rapidement au cauchemar lorsque les trois cinéastes se perdent dans la forêt ... c'est en gros le point de départ de ce film d'épouvante culte. Épouvante car en plus de cette mise en scène forcément frustrante, ou l'on aperçoit souvent rien du tout et qui joue sur le hors-champ cache en fait l'horreur c'est plus une frayeur psychologique qu'autre chose ou il faut absolument que le spectateur se mette à la place des protagonistes, cela demande un sens de l'empathie pour pouvoir apprécier cette peur. Efficace pour celui qui veut vraiment accepter toutes ces contraintes, tandis que celui qui veut du gore, voir des monstres ou fantômes, celui qui veut une image lechée sera irrémédiablement déçu. Le principe du found-footage relancé par Blair Witch Project sera poussé jusqu'à l'exagération par des opportunistes voulant gagner de l'argent avec de l'horreur facile et à peu de frais mais très peu on atteint le niveau d'effroi de celui-ci.
15. Dans la peau de John Malkovich (Spike Jonze, 1999) États-Unis
Spike Jonze et Charlie Kaufman fournissaient en 1999 cet objet filmique non-identifié qu'est Dans la Peau de John Malkovich. Le Grand Public découvrait l'écriture désespérée mais ô combien surréaliste et psychanalytique de Kaufman, et cette histoire hallucinante mise en image par un Jonze au top de son inspiration cela donne un des films cultes et emblématiques de ce tournant du siècle. Le titre dévoile une partie de ce que cela raconte mais faut vraiment laisser le spectateur découvrir cette intrigue complètement folle, c'est un univers drôle, caustique, absurde et malin tout en fourmillant de petites idées narratives et visuelles. Un beau casting pour accompagner John Malkovich dont on ne sait pas si il tient le premier rôle en fait car tous les personnages ont leurs importances et permettent aux acteurs et actrices de produire des prestations excellentes surtout pour Catherine Keener en "salope totale".
16. Tout sur ma mère (Pedro Almodovar, 1999) Espagne/France
À la sortie de Tout sur ma mère, Pedro Almodovar est déjà reconnu internationalement mais n'a pas encore atteint son sommet en terme artistique et de popularité, c'est fait avec ce long-métrage. L'auteur espagnol gomme en quelque sorte ses excès d'excentricité, ses éclairs comiques parfois d'un goût douteux et atténue sa palette de couleurs moins criardes qu'à l'accoutumée. Alors que sur le papier le script a tout d'une mauvaise télé novelas ! Avec son intrigue à tiroirs, menant une mère endeuillée de Madrid à Barcelone à la recherche de celui qui est le père de son fils décédé, dans laquelle on trouve des prostituées transsexuelles, une nonne enceinte, des actrices toxicomanes et autres joyeusetés du même acabit, le tout dans un mélodrame à références multiples frôlant par moments le tragique. Comme toujours chez Almodovar, les actrices sont formidables et en particulier Cecilia Roth vraiment magnifique dans la peau d'une mère éplorée.
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17. Smoke (Wayne Wang, 1995) États-Unis/Allemagne/Japon
Super film que cette adaptation de Paul Auster, le célèbre auteur new yorkais est d'ailleurs scénariste. Les portraits de personnages sont géniaux, une des plus belles galeries qu'on ait pu voir, avec des histoires qui font chaud au coeur, c'est rempli de petites choses tendre, drôle ou tragique tournant autour de ce magasin de cigares de Brooklyn. Extrêmement bien dialogué et interprété par des acteurs de talents en particulier un Harvey Keitel dans un registre qu'il avait oublié celui de l'émotion; William Hurt, Harold Perrineau, Forest Whitaker, Ashley Judd et Giancarlo Esposito. La mise en scène est sobre mais hyper agréable, des petits bijoux de scènes sont orchestrées tout du long.
18. Brooklyn Boogie (Wayne Wang et Paul Auster, 1995) États-Unis
Ce film Brooklyn Boogie est une fausse suite de Smoke sorti quelques mois plus tôt par le même duo d'auteurs Wayne Wang et l'écrivain Paul Auster. Personnellement j'avais adoré Smoke et donc il me titillait de découvrir cette séquelle, et elle ne m'a pas déçue du tout. Le film est différent malgré le fait que l'on retrouve plusieurs personnages et lieux du premier mais la construction du récit diffère, ce sont des saynètes qui sont mises en scène, un peu à la façon de certains films de Jim Jarmusch (qui fait une chouette apparition dans ce film d'ailleurs). On passe d'un "sketch" à l'autre et ayant peu de liens entre eux, des transitions composées d'interviews d'habitants de Brooklyn ou d'images d'archives mais de toute manière toujours drôles. La galerie de personnages est hilarante, ils sont tous loufoques, attachants et pittoresques donnant des situations tordantes et à mon avis largement improvisées, on sent que les comédiens s'amusent ensemble. Parmi ceux-ci, en plus de Jarmusch qui fume sa dernière cigarette, il y a Madonna en livreuse de télégramme chanté, Lou Reed qui philosophe sur le départ des Dodgers du quartier ou encore Michael J. Fox en sondeur gênant. Le film est moins narratif que Smoke mais le plaisir est tout autant présent.
19. Maman, j'ai raté l'avion ! (Chris Columbus, 1990) États-Unis
Immense classique du cinéma des années 80/90, les spectateurs de cette époque ont véritablement grandi en regardant chaque année à Noël ce Maman j'ai raté l'avion ! Le pitch tout le monde le connaît, pas la peine de résumer un film que des millions de personnes ont vu au cinéma et surtout à la télé des dizaines de fois mais faut quand même dire que ce scénario était assez rafraîchissant avec les aventures de ce petit gamin oublié à son domicile et qui va mettre la galère à deux cambrioleurs idiots. Pourtant cette partie, ces scènes de la maison piégée au comique burlesque et méchant ne durent qu'en fait une vingtaine de minutes sur les nonante car il y a tout un programme avant cela, et assez typique de l'écriture de John Hughes, une chronique amusante d'un enfant de huit ans seul chez lui. Macaulay Culkin devenait instantanément une vedette grâce à ce rôle, bien aidé par les seconds rôles tordants aussi bien les "Casseurs flotteurs" que la famille de Kevin.
20. Chute libre (Joel Schumacher, 1993) États-Unis
Chute libre est un film qu'il faut voir ou revoir tant il n'a pas pris une ride. Il n'a pas vieillit et pourtant il était inscrit fortement dans son époque avec des préoccupations typiques du début des années 90 et caractéristiques des Etats-Unis. Via le burn-out d'un homme tout à fait banal, le récit s'en prend à la société américaine, violences urbaines diverses, racisme, gangs et libre circulation des armes à feu, chômage et la fausseté de l'"ascenseur sociale" tout y passe à travers ce film. On a parfois résumé ce long-métrage culte au pétage de plombs de son anti-héros, à un humour glaçant mais cette oeuvre est avant tout d'une grande pertinence et possède une véritable sensibilité notamment dans les dernières minutes. Puis la mise en scène de Schumacher est inspirée surtout avec ses travellings à hauteur d'hommes, et la photo ou l'on aperçoit littéralement la chaleur se dégager du bitume. Michael Douglas joue un personnage qu'on oublie pas et Robert Duvall est à la hauteur de son collègue.
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